« La septième vague », une suite décevante

Le second tome de Quand souffle le vent du nord de l’Autrichien Daniel Glattauer ne renoue pas avec la fraîcheur du premier roman.20130719-105757.jpg

Léo est parti à Boston tandis que Emmi est restée chez elle à attendre un mail du psychologue américain. C’est dans ce contexte que le lecteur retrouve les internautes passionnés de Quand souffle le vent du nord.

Dans La septième vague, le réel s’efface devant le virtuel. Léo est rentré et Emmi n’arrive plus à cacher cette relation à son mari. Les deux amants vont enfin pouvoir se rencontrer de visu et en toute liberté.

Les rebondissements s’enchaînent, les mails se suivent, une nouvelle femme débarque… Comment l’histoire va-t-elle se terminer ? Qui va récupérer qui ? La passion reste vive, mais l’originalité du premier tome n’est plus là, le souffle ne prend plus.

La septième vague, Daniel Glattauer, Livre de Poche, 288 p., 6€60

César Armand

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« Les Amazones de la République », l’encyclopédie politique de l’été

Le dernier livre de Renaud Revel revient, en détail, sur les passions élyséo-médiatiques qui ont émaillé la Vème République.

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Qu’ont de commun François Mitterrand et Jacques Chirac ? Le conseiller en communication Jacques Pilhan ? Pas seulement ! L’amour démesuré de l’autre sexe, et si l’intéressée a une carte de presse, c’est encore mieux…

Dans une enquête très bien écrite, à mille lieues de l’austère Sexus Politicus des Christophe Deloire et Dubois, le journaliste de L’Express Renaud Revel raconte, avec force détails, cinquante-cinq ans de secrets d’alcôve entre présidents et journalistes.

Anne Fulda & Nicolas Sarkozy

Aucun nom – ou presque – ne passe à la trappe, nulle grivoiserie à l’horizon – pas de trace du rapport dans le parking à Beaubourg par exemple – , juste des faits précis avec les bons interlocuteurs, comme Anne Fulda, l’éditorialiste du Figaro, qui raconte son histoire avec Nicolas Sarkozy.

Il ne manque que la confidence de Bernadette Chirac à Patrick de Carolis dans Conversation : « Les filles, ça galopait » ou le témoignage de celle qui, entre le rez-de-chaussée et le plateau du JT au 19ème étage, se vit exiger une fellation par un ancien chef de l’Etat dans l’ascenseur.

Les Amazones de la République, Renaud Revel, First, 318 p., 19€95

César Armand

« La disparition de Jim Sullivan », le nouvel art du roman

Le dernier livre de Tanguy Viel expose les différentes étapes de la fabrication d’un roman.20130710-152030.jpg

Dwayne attend devant la maison de sa femme. Elle embrasse un autre homme qui lui offre un bouquet de fleurs. Leurs enfants sont à l’intérieur. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la vie rangée des Koster ?

C’est de cette histoire, en apparence simple, que part le narrateur pour expliquer comment se construit un récit original. Au fil de la lecture, l’écrivain s’invite dans les pages et donne son mode d’emploi.

Un narrateur omniscient et omniprésent

Tanguy Viel prend en effet la main du lecteur tout au long de son roman et ne la lâche jamais. Il remonte dans l’enfance du héros, le suit comme professeur de littérature à l’université, le décrit avec sa jeune maîtresse…

Quiconque aime voir comment un artisan procède a la fabrication de son matériau appréciera ce guide omniscient et omniprésent et se laissera happer par le fil des événements.

La disparition de Jim Sullivan, Tanguy Viel, Les Éditions de Minuit, 153 p., 14€

César Armand

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« Quand souffle le vent du nord », le chassé-croisé amoureux de l’année

Le livre de l’Autrichien Daniel Glattauer de 2011 est une romance épistolaire haletante et surprenante.20130708-161143.jpg

Emma envoie un mail à un journal local, mais c’est Léo, psychologue du langage, qui lui répond. La jeune trentenaire récidive plusieurs fois et va même jusqu’à envoyer un mail groupé de « joyeux Noël » à l’intéressé.

De cette conversation sur la toile, une passion naît et va jusqu’à occuper toutes les pensées des personnages. En arrière-plan, une amie se montre un peu trop entreprenante, une ex-compagne se relève très présente, sans oublier une sœur mannequin, un mari plus âgé et deux enfants pré-ados.

Qui tombera amoureux le premier(e) ? Qui se décidera à briser le lien internet pour se rencontrer pour de vrai ? Et qui sont vraiment ces deux tchatteurs d’un genre nouveau ? Les masques tomberont, mais pas de sitôt.

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer, Livre de Poche, 348 p., 6€95

César Armand

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Le ministère de l’Intérieur se convertit à l’innovation

Invité des Rencontres des Acteurs publics, le directeur du projet MAP au ministère de l’Intérieur, Olivier André, a dévoilé quelques pistes innovantes.

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Un millier de propositions, dont 200 des agents du ministère de l’Intérieur. C’est le résultat d’une enquête menée place Beauvau sur l’innovation dans le cadre de la modernisation de l’action publique.

Onze d’entre elles ont, pour l’heure, été retenues de par leur expertise et leur faisabilité. Les principales mesures s’attachent aux relations entre usagers et administrations, et au premier poste, les procédures dématerialisées. La généralisation des prises de rendez-vous en ligne ou le suivi en direct de la progression d’un dossier sont notamment à l’ordre du jour.

Les agents en première ligne pour l’innovation

Pierre Lhoste, en charge du secteur public chez IBM, confirme ces dires, expliquant que 50 % des administrations interrogées voient les collaborateurs, comme principale source d’innovation.

Olivier André abonde en son sens : « les agents ont une connaissance pratique des réalités mises en œuvre alors que l’administration centrale ne maîtrise que la théorie ». Des projets sont néanmoins parfois rejetés par les directions, comme la fusion de la carte électorale et de la carte d’identité.

César Armand

Aux RAP 2013, deux édiles socialistes s’opposent au projet de loi sur les métropoles

Invités à débattre de la décentralisation aux Rencontres des Acteurs publics, les élus PS Christian Bourquin et Christian Pierret ne sont pas satisfaits du premier volet de l’acte III.

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« La France mériterait un big bang de son organisation administrative ». La sentence est signée Christian Bourquin, président PS du conseil régional du Languedoc-Roussillon. Pour cet élu local, le projet de loi sur les métropoles ne répond pas au « besoin de proximité, trop de choses se décidant à Paris ».

Le président socialiste de la Federation des villes moyennes, Christian Pierret, embraye et plaide pour « une meilleure articulation, rationalisation et organisation locale ». Françoise Larpin, en charge du secteur public chez KPMG, juge, elle, « ennuyeux «  l’absence de l’Etat dans le projet de loi.

« Une loi négative »

Christian Pierret, également maire de Saint-Dié-des-Vosges, est lancé : « on ne va pas vers un choc de simplification mais vers la complexification, craignant « un empilement de nouvelles structures dont on ne voit ni la logique ni le rapport entre elle ».

Le sénateur Christian Bourquin reprend la parole et attaque une « loi négative, trop complexe et trop précise en même temps ». Françoise Larpin, en conclusion, prétend lever un secret de polichinelle : « Marilyse Lebranchu a failli démissionner plusieurs fois. Tour le monde le sait ».

César Armand

« Paris-Brest », la bonne surprise

Le livre de Tanguy Viel de 2009 surprend par ses multiples rebondissements du début à la fin.20130701-163004.jpg
Un jeune homme qui habite à Brest, des parents partis précipitamment en Languedoc-Roussillon, un frère footballeur professionnel et une grand-mère qui a hérité de 16 millions d’euros. Ajoutez un fils de mauvaise famille et sa mère femme de ménage, et votre galerie de portraits sera au complet.

Louis, le héros du roman, va et vient entre Paris et la sous-préfecture du Finistère. Les aventures liées à son amitié indestructible, sa maman sans cesse sur le dos et le destin de sa mamie vieillissante vont nourrir son imaginaire et ses rêves de reconnaissance.

L’écriture est dense mais intelligente, les personnages subtilement peignés. Dommage que l’histoire s’arrête si tôt, le lecteur aimerait bien découvrir la suite des aventures de Louis.

Paris-Brest, Tanguy Viel, Les Éditions de Minuit, 174 p., 7€

César Armand