Dominique Orliac : « Pour des services publics de qualité dans les départements ruraux »

Missionnée cet hiver par le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, sur l’avenir des trains d’équilibre du territoire, la députée du Lot a répondu à Europe parlementaire, dans son bureau, ce mardi 20 janvier 2015.

Crédit photo : Compte Twitter de Madame la députée

Crédit photo : Compte Twitter de D.Orliac

 

Les auditions sont en cours, les visites se multiplient sur le terrain et une consultation publique va s’organiser. En attendant la remise de son rapport fin mai 2015, l’élue locale s’organise : « On a besoin de rénover les infrastructures et de moderniser le matériel roulant. C’est une forte attente de nos concitoyens. »

Relancée sur le souhait en mars 2014 de Jacques Auxiette, président des Pays de la Loire, chargé des transports aux Régions de France, d’une « politique ferroviaire européenne du matériel« , la parlementaire approuve : « C’est un vrai sujet de débat, notamment pour l’accessibilité des seniors ! Aujourd’hui, on a des trains dont les entrées ne sont pas au niveau du quai et d’autres dont les entrées sont certes au niveau du quai, mais dont les rames possèdent plusieurs niveaux à l’intérieur. »

Remarquée par l’exécutif lors des questions au Gouvernement et pendant les questions orales sans débat, Dominique Orliac cite l’exemple de son département. Entre Brive et Toulouse, le TER « n’irrigue pas » le nord du Lot, et la prochaine gare TGV est prévue au sud de Montauban. « Il ne faudrait pas éloigner les habitants des services publics ferroviaires« , estime-t-elle.

César Armand
pour Europe parlementaire magazine
Tous droits réservés La Documentation parlementaire

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François Grosdidier : « L’Etat crée de la distance, mais réduit les moyens ! »

François Grosdidier - Compte Twitter de l'intéressé

François Grosdidier – Compte Twitter de l’intéressé

Alors que la loi NOTRe est de retour au Parlement, le sénateur-maire de Woippy (Moselle) a reçu Europe parlementaire dans son bureau, ce mercredi 14 janvier 2015. Il juge « impossible » d’être sur des compétences exclusives dans certaines collectivités, citant l’exemple du tourisme.

Vice-président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation, l’élu mosellan ne comprend pas comment « on peut avoir des trous dans les compétences entre l’interco et la région« , ajoutant que « décentraliser l’enseignement supérieur, là, ça aurait eu du sens ! »

Relancé sur le sujet de la croissance verte, François Grosdidier s’emporte : « On va tuer la proximité et tuer la responsabilité ! Les régions seront en charge de verbiage. C’est une vraie-fausse décentralisation avec des vrais-faux pouvoirs. »

Idem sur les maisons de services au public, prévues par la loi : « Ce n’est pas normal que la loi s’en occupe ! Les collectivités le font déjà. Ayons confiance en l’intelligence des élus… »

Que dire alors de l’observatoire de la gestion publique locale, cette nouvelle couche de la lasagne territoriale : « C’est une ânerie ! Si l’on veut gagner en efficacité, il faut qu’on ait, sur chaque problème, un seul responsable public. Or aujourd’hui, tout le monde va s’occuper de tout et personne ne sera responsable de rien. » Un peu de bon sens !

En résumé, celui qui est aussi membre de la commission des lois juge que « le Gouvernement se donne bonne conscience alors qu’on maintient des doublons et qu’on touche davantage au bloc communal et intercommunal que les autres« .

César Armand
pour Europe parlementaire magazine
Tous droits réservés La Documentation parlementaire

La prise vue de Strasbourg

En reportage au Conseil de l’Europe pour une journée sur le numérique, le temps de tous les dangers.

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« Ca y est ! Les tueurs sont morts ! T’es au courant ? » Evidemment que je le suis ! Le flux Twitter est (parfois) plus efficace qu’un abonnement à l’AFP. Toutes les sources défilent : les journalistes sur place, leur média qui les relaient, la police nationale, les élus et les amis.

Drôle de journée pour réunir un Conseil national du numérique (CNNum) décentralisé. Glaçante cette minute de silence improvisée. La scène de mercredi au ministère se répète : les intervenants se succèdent à la tribune, mais dans la salle, quelques téléphones sonnent, des SMS arrivent et des alertes info retentissent.

A Strasbourg, impossible de passer à côté. Entre le café et le croissant, que tu t’appelles Benoît Thieulin (CNNum) ou Thomas, consultant dans la cybersécurité, tu regardes tes réseaux sociaux tout en échangeant ta carte de visite. Tu réseautes doublement. Chapeau !

« Ferme ça ! »

A droite, Anne, blogueuse franco-néérlandaise, prend des notes et rigole : « Ils ont bien lu mes articles ! » Puis s’énerve comme elle le ferait avec son fils: « Mais pourquoi tu regardes les infos ? Ferme ça ! »

Au micro, la présidente de la CNIL : « Le besoin d’un cadre pour le numérique est plus que jamais important ! »
Suit l’ancienne ministre et ex-eurodéputée Catherine Trautmann. Vice-présidente de l’agglo strasbourgeoise, elle défend l’accès à Internet comme un droit fondamental.
Un autre ancien ministre, Jacques Toubon, Défenseur des Droits, sera en retard. Un homme s’est jeté sous son TGV à Noisy. Un anonyme. Il arrivera entre cette séance d’introduction et les ateliers collaboratifs.

Début novembre 2014, Axelle Lemaire, madame Numérique au Gouvernement, avait, en effet, appelé à se lancer dans « un travail de prospection des métiers numériques de demain ». Vrai sujet, tant le digital est transversal. A vos souhaits !

Du droit et du numérique

Nous sommes pourtant que trois journalistes : un reporter-vidéaste du groupe allemand Axel Springer, de Stuttgart, souriant, et réquisitionnant dix minutes chaque acteur ; et une consœur de France Bleu Alsace. Micro bleu et blanc à la main, couleur rouge absente.

Avec Catherine Trautmann, nous parlons métiers numériques et culture ;
Avec Benoît Thieulin, fondateur des désirs d’avenir de Ségolène Royal en 2007, et président du CNNum, nous réfléchissons à comment lancer des champions français du numérique ;
Avec Jacques Toubon, il vous tutoie, vous explique la vie, mais avec le sourire. Il fait un rêve : que tous les élèves des collèges, dès la 6ème, s’asseyent à une même table et acquièrent les fondamentaux du droit ET du numérique.

Dans le tram qui mène à la gare, l’assaut est donné simultanément en Seine-et-Marne et à Vincennes. La batterie tient miraculeusement. Elle ne s’éteint pas à 40 %. Dieu du smartphone, seraient-ce les derniers arrivants qui t’ont donné leur pomme ?

César Armand

Nous sommes tous des Charlie

Retour sur deux jours de peur et de terreur.

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Dix morts. Dix morts de trop. Dix mots de trop. Ce sont les premiers mots qui me viennent mercredi midi. Abasourdi. Sourd. Qui veut entendre ça ? Depuis, le bilan s’est alourdi. Treize morts, entre Charlie Hebdo et la policière municipale tuée hier à Montrouge.

Trop de maux. Trop de douleurs. Ce mercredi 7 janvier 2015, il est 11h55 à l’hôtel du ministère de la Fonction publique et de la Décentralisation. Marylise Lebranchu a invité les journalistes à midi pétantes pour discuter des dix nouvelles nouvelles métropoles.

Au deuxième rang, juste derrière, le chef d’un quotidien régional téléphone : « Quoi ? Une fusillade à Charlie Hebdo ? » Regards incrédules, frissons, oreilles dressées. A gauche : « J’ai pas de smartphone, mais on vient de m’envoyer par SMS : 10 morts, 5 blessés. »

A la dernière rangée, un JRI nous voit rivés sur nos portables : « Qu’est-ce qui se passe ? » Je hurle : « Fusillade à Charlie Hebdo. DIx morts. » Les alertes tombent qu’à l’instant. Les facebookeurs et/ou twittos s’affairent sur leurs écrans. Le drame est réel, quasi-irréel.

Plus de souffle d’exaspération car l’attente est trop longue. Les regards sont blancs. Les teints livides. Les bouches décomposées. La ministre arrive à 12h10, les yeux rivés sur son téléphone ; François Hollande vient, lui, d’arriver au siège de l’hebdomadaire satirique.

Marylise Lebranchu s’excuse pour son retard : « Je suis désolée… Je suis comme vous ce qui se passe. C’est dramatique ce que nous vivons. C’est effroyable. Je ne trouve pas les mots. »

Elle embraye malgré tout : « Je voulais vous parler des métropoles le 1er janvier, mais on m’a dit que ce n’était pas une bonne idée. » La salle, en apnée depuis dix minutes, rigole, ravie de lâcher prise et d’oublier la tragédie, ne serait-ce que quelques secondes.

Dans la foulée, départ pour un café à proximité. Pas de télévision. Juste un café et un sandwich. Peut-être une cigarette, mais non. Mon portable recharge ses batteries de l’autre côté du comptoir. Il n’est pas le seul. Tout le monde discute, K-0 debout.

Soudain, l’info tombe : un policier puis deux, puis Charb, Cabu, Wolinski… Le patron appelle sa copine, en charge de la protection d’un haut-magistrat. Le vouvoiement tombe, le tutoiement s’impose. Unité nationale.

Je sors. Besoin d’air. Pollué mais de l’oxygène quand même. Trois appels en absence de la fiancée. Elle va bien. Ouf. Cinq appels en absence d’une amie de promo. Elle habite à proximité. Je m’invite. Nous nous droguons à I-Télé. Deux heures, puis on sort s’aérer.

Hier, j’ai conduit. Deux heures entre Paris et la petite couronne. La peur au début de voir la voiture d’auto-école confondue avec un véhicule de police. Peur de ces dégénérés qui réussissent à nous apeurer. Pas d’accident, nous rentrerons à bon port.

Après-midi chez les collègues et petite halte place de la République. Un ancien conseiller du Président de la République ne veut pas parler aux confrères et consoeurs. Des maires d’arrondissements parisiens se mêlent aux anonymes.

Nous posons tous un crayon. Nous ne déposons pas les armes. Nous leur donnons un outil de travail. Partis sans avoir pu emmener quelque bagage que ce soit où qu’ils soient.

Dans le TGV pour Strasbourg ce matin, le cahier précède l’ordinateur. Plus facile de biffer, de changer un mot ou de barrer une phrase inutile. Je repense au SMS optimiste et matinal d’un très bon ami : « Ca va ! On est en vie ! Profitons-en ! »

César Armand