Paul Vergès : « Je suis fasciné par l’avenir que je ne verrai pas »

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Crédit photo : Extrait de la couverture du livre Vergès et Vergès – De l’autre côté du miroir de Thierry Jean-Pierre (JC Lattès, 2000)

Le 20 avril 2015, CulturePolitique.net avait rencontré, pendant trois heures, le sénateur réunionnais, alors doyen de la Chambre haute. Aujourd’hui, à l’heure de sa disparition ce 12 novembre 2016, retour, en dix articles, sur un quasi-siècle de vie. Dixième et dernier épisode : Paul Vergès demain.

Avez-vous fait passer ces messages au Gouvernement ?
J’en ai parlé à un ministre dont je tairai le nom : « Aux Antilles, vous êtes cernés par les populations anglo-saxonnes, espagnoles et portugaises. Il n’y qu’Haïti qui est francophone ! Regardez les études de l’INED qui disent que la Martinique et la Guadeloupe seront dans dix ans les départements où il y aura le plus de personnes âgées. Vous avez mis en cause la survie de ces populations. » Sur le cas précis de Madagascar et de la Réunion, séparés de 800 kilomètres, comme entre Paris et Marseille, je lui ai fait passer ce message : « Vous lisez bien la presse internationale ? Vous avez vu la conférence de Washington avec les pays d’Afrique ? Qui était en photo partout à côté du président américain et de sa femme ? Le président de la république de Madagascar ! », lui rappelant cette déclaration de Barack Obama : « Les États-Unis vont aider au développement de l’Afrique et de Madagascar. » Vous rendez-vous compte de ce que cela signifie ? Les Chinois sont déjà là ! Mais qu’allons-nous pouvoir faire avec un million de Réunionnais ? J’ai continué à l’interpeller : « Ton métier, c’est des chiffres. Eh bien, en France, tu as 65 millions de Français. Imagine qu’au large de Marseille, tu aurais un pays 50 fois plus peuplé, ce serait un État de 3,2 milliards d’habitants. Vous êtes fous à Paris et vous ne voyez rien ! » Madagascar est en plus en train de faire de l’anglais, la deuxième langue obligatoire à l’école derrière le français. La Réunion n’est qu’un laboratoire qui illustre tous les problèmes d’un monde…

« L’avenir, c’est le changement climatique, c’est la progression démographique… »

Que faut-il vous souhaiter pour demain ?
Je suis fasciné par l’avenir que je ne verrai pas. L’avenir, c’est le changement climatique, c’est la progression démographique, et c’est pourquoi j’ai créé au Sénat, à l’unanimité, l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique en France métropolitaine et dans les départements et territoires d’Outre-mer.

Propos recueillis par César Armand – Tous droits réservés CulturePolitique.Net

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